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Stratégie interroge Laurence Méhaignerie sur son parcours

Mis à jour le 05 Juin 2025
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Stratégie, édition du 5 juin 2025 – Pionnière des fonds à impact en France, Laurence Méhaignerie a toujours milité pour l’alliance des forces. Un article d’Emmanuel Gavard.

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Passionnée de questions sociales

Laurence Méhaignerie grandit dans une famille multi-culturelle, près de Rennes, d’une mère américaine et d’un père breton. A table, les débats politiques sur l’intérêt général ne sont pas rares. Engagée, elle se lance dans le journalisme, au Moniteur. Très vite, elle devient pigiste pour Campana-Eleb Associés, agence créée en 1983, née de l’émission Grand Public. Elle réalise des enquêtes audiovisuelles, organise des rencontres entre citoyens.

La Bretonne s’y forgera une passion pour les questions sociales et environnementales. En 2004, elle rédige avec Yazid Sabeg, pour l’Institut Montaigne, un rapport, Les Oubliés de l’égalité des chances, puis saisit cette opportunité pour devenir chercheuse associée de l’Institut. Elle oeuvre à rendre concert l’engagement des entreprises sur la diversité sociale. Cela lui ouvre les portes de l’Etat : jusqu’en 2006, Laurence Méhaignerie bûche au sein du cabinet d’Azouz Begag, alors ministre délégué à la Promotion de l’égalité des changes. Mais se confronte à la difficulté des projets publics… « L’Etat, c’est comme un paquebot avec une moteur de mobylette« , décrit-elle. Pourtant, elle observe que certaines entreprises concrétisent leur engagement. Elle sécide d’importer en France le concept de « fonds à impact » et crée Citizen Capital en 2008. « A l’époque, on était en pleine tempête financière« , sourit-elle. Mais le projet arrive à convaincre. Il lève 22 miilions d’euros, puis 43, puis 102, pour aboutir à 280 millions gérés en 2024. « Après le crise, beaucoup de gens se sont posés des questions pour releber les défis environnementaux et sociétaux autrement que par la philanthropie et l’Etat« , se souvient Laurence Méhaignerie. C’est ainsi que Citizen Capital a pu faire grandir des société comme Ulule, Hubcycle, ou crée des fonds dédiés à une nouvelle approche de l’agriculture.

« La période actuelle est l’heure de vérité« , dit-elle, alors que les questions d’écologie et de diversité sont remises en cause. « Nous verrons qui a été opportuniste et qui a été convaincu. » Mais elle reste positive. Ce backlash temporaire ne la surprend pas, après des années de progression.

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