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Foncier agricole : comment financer l’accès à la terre pour la nouvelle génération d’agriculteurs ?

Mis à jour le 20 Fév 2026
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En bref : derrière la crise agricole française se cache une question plus structurelle : qui cultivera nos terres demain ? Pour Antoine Vedrenne, Associé de Citizen Capital, la réponse passe largement par le foncier — l’accès à la terre pour les jeunes générations, dans un cadre non spéculatif et sur des horizons longs (15-20 ans et plus). Les aides publiques actuelles, bien que massives, ne suffisent pas à orienter le système vers une agriculture durable : seule une coopération renforcée entre financements publics et privés peut débloquer les investissements nécessaires à la transition.

Cet article développe les analyses d’Antoine Vedrenne, Associé de Citizen Capital, publiées en tribune sur News Tank Agro (20 février 2026), à l’occasion du Salon International de l’Agriculture.

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Pourquoi la crise agricole française révèle-t-elle un problème plus profond ?

Au-delà des tensions ponctuelles qui ressurgissent régulièrement autour du Salon de l’Agriculture, la crise agricole française pose une question de fond : qui seront les agriculteurs de demain ? Le défi consiste à concilier simultanément souveraineté alimentaire, viabilité économique des exploitations, santé publique, justice sociale et soutenabilité environnementale — dans un contexte géopolitique tendu qui complique encore l’équation.

Le soutien citoyen à l’agriculture suffit-il à changer la donne ?

Le grand public reste attaché à son agriculture : selon l’Eurobaromètre 2025, 92 % des Européens jugent l’agriculture et les zones rurales essentielles pour l’avenir. Mais cette adhésion symbolique ne suffit plus à enrayer une dynamique de fond : en Europe, un agriculteur sur cinq envisage de cesser son activité dans les cinq prochaines années. Une tendance qui, si elle se confirme, ouvrirait la voie à une concentration et une industrialisation accrues des exploitations — avec des conséquences sociales et environnementales potentiellement lourdes.

Agriculture, climat et santé publique : un même combat

En France, l’agriculture représente près de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, pèse sur l’érosion de la biodiversité et affecte la santé publique — en particulier celle des populations les plus vulnérables. À l’inverse, restaurer les sols, réduire la dépendance aux intrants et renforcer la résilience des exploitations génèrent des cobénéfices multiples qui profitent aux territoires dans leur ensemble.

Les agriculteurs sont-ils prêts pour la transition agroécologique ?

Contrairement à une idée reçue, les agriculteurs ne freinent pas la transition : près de 90 % d’entre eux se disent prêts à s’engager dans l’agroécologie à condition d’être soutenus, et près de 60 % l’ont déjà engagée ou sont en cours de transition. Le frein n’est donc pas la volonté, mais le financement — et la question de qui doit porter le risque.

Pourquoi les aides publiques ne financent-elles pas la transition écologique ?

L’agriculture française reste structurellement dépendante des soutiens publics : les aides ont représenté en moyenne 64 % du revenu agricole avant impôt en 2024. Pourtant, ce soutien massif n’oriente pas le système vers des pratiques plus durables. Selon I4CE, seuls 6 à 9 % des financements publics agricoles soutiennent réellement la transition écologique ; l’essentiel du reste demeure, au mieux, neutre sur le plan environnemental.

Le foncier agricole, clé d’entrée pour financer la transition

L’accès à la terre est en train de se réinventer, via des fonds de portage, des foncières, ou des achats en collectif. L’enjeu : permettre aux jeunes générations d’accéder au foncier tout en leur donnant les moyens de mettre en œuvre les pratiques agroécologiques qu’ils souhaitent adopter. Avec des horizons d’investissement longs (au-delà de 15-20 ans), ces montages permettent aux agriculteurs de racheter progressivement leurs terres, dans un cadre non spéculatif.

Combien coûte la transition agricole française ?

Indicateur Chiffre
Déficit structurel de financement des exploitations ~1,5 Md€ / an
Investissement nécessaire d’ici 2050 (étude Crédit Agricole, InVivo, Sofiprotéol, Unigrains) ~1 100 € / hectare
Part des aides publiques dans le revenu agricole avant impôt (France, 2024) 64 %
Part des financements publics agricoles soutenant réellement la transition écologique (I4CE) 6 à 9 %
Agriculteurs européens envisageant d’arrêter leur activité dans les 5 ans 1 sur 5
Agriculteurs prêts à s’engager dans l’agroécologie si soutenus (Shift Project) ~90 %

Comment le public et le privé peuvent-ils coopérer pour financer l’agriculture de demain ?

Sécuriser les chaînes d’approvisionnement, renforcer la souveraineté alimentaire et consolider la pérennité économique des fermes sont des objectifs atteignables — à condition d’articuler argent public et argent privé pour démultiplier l’impact des investissements. Des instruments plus innovants et coopératifs se développent : portage de foncier, garanties, prêts à risques partagés, paiements aux résultats. C’est précisément dans cet esprit que Citizen Capital a co-construit ELAN Terres Agricoles, un fonds dédié au foncier agricole bâti avec la SAFER, la Banque des Territoires et CDC Biodiversité — une illustration concrète de cette coopération public-privé au service du renouvellement générationnel et de la transition agroécologique.


FAQ — Financement du foncier agricole et transition

Pourquoi l’accès au foncier est-il un frein pour les jeunes agriculteurs ? Le prix et la disponibilité des terres agricoles rendent l’installation difficile pour les nouvelles générations. Des dispositifs comme le portage de foncier ou les foncières permettent d’étaler l’accès à la propriété sur le long terme, dans un cadre non spéculatif, plutôt que d’exiger un achat immédiat.

Les agriculteurs sont-ils réellement prêts à s’engager dans l’agroécologie ? Oui : près de 90 % des agriculteurs se disent prêts à s’engager dans l’agroécologie s’ils sont soutenus, et environ 60 % ont déjà entamé cette transition. Le principal obstacle n’est donc pas le manque de volonté, mais l’accès au financement.

Les aides publiques agricoles financent-elles la transition écologique ? Pas majoritairement. Bien qu’elles représentent 64 % du revenu agricole moyen avant impôt en France, seuls 6 à 9 % des financements publics agricoles soutiennent réellement des pratiques favorables à la transition écologique, selon I4CE.

Combien faudrait-il investir pour transformer l’agriculture française d’ici 2050 ? Une étude portée par Crédit Agricole, InVivo, Sofiprotéol et Unigrains estime l’investissement nécessaire à environ 1 100 € par hectare d’ici 2050 pour développer le plein potentiel des fermes françaises.

Quel rôle les investisseurs privés peuvent-ils jouer dans le financement de l’agriculture ? Les investisseurs privés peuvent compléter les financements publics via des instruments innovants — portage de foncier, garanties, prêts à risques partagés, paiements aux résultats — pour démultiplier l’impact des capitaux et sécuriser des transitions agricoles de long terme.

Comment Citizen Capital agit-il sur le foncier agricole ? À travers le fonds ELAN Terres Agricoles, construit avec la SAFER, la Banque des Territoires et CDC Biodiversité, Citizen Capital investit dans des solutions de portage foncier qui facilitent l’accès à la terre pour les agriculteurs engagés dans une transition agroécologique.