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Clara Deniau dans Forbes : révision SFDR et fonds impact

Mis à jour le 23 Oct 2025
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Clara Deniau dans Forbes : « Il faut une catégorie dédiée aux solutions impact »

Notre Chief Impact Officer, Clara Deniau, décrypte pour Forbes France les enjeux de la révision du règlement SFDR. Un plaidoyer pour une finance durable plus lisible et mieux adaptée aux spécificités de l’investissement à impact.

👉 Lire l’article complet dans Forbes France : Pourquoi la révision de la SFDR est cruciale pour les fonds à impact ?, par Gaëlle Ménage • Forbes France • 23 octobre 2025

 


Sommaire

  1. Quand un cadre de transparence devient un quasi-label
  2. Le problème : l’impact noyé dans un cadre trop large
  3. Un plaidoyer collectif pour la clarification
  4. La position de Clara Deniau : une opportunité à saisir
  5. Un tournant décisif pour la finance durable
  6. Citizen Capital : une longueur d’avance sur l’exigence
  7. Ce que change concrètement la révision
  8. Perspectives 2025-2026

Quand un cadre de transparence devient un quasi-label

Adoptée en mars 2021, la Sustainable Finance Disclosure Regulation (SFDR) devait renforcer la transparence des produits financiers durables et lutter contre le greenwashing. Quatre ans plus tard, le constat est sans appel : ce cadre de transparence a été détourné en système de quasi-labellisation.

« Au départ, la SFDR était une réglementation de transparence et le marché l’a un peu détourné pour en faire une sorte de label. Mais c’est un cadre de transparence pour permettre aux investisseurs d’y voir plus clair sur les pratiques d’investissement responsables des gestionnaires. »

Clara Deniau, Head of Impact, Citizen Capital

Cette dérive a profondément modifié le paysage de la finance durable en Europe. Selon une étude KPMG/Morningstar publiée en février 2024, près de 59 % des encours européens sont désormais classés Article 8 ou 9, une proportion qui illustre la généralisation – parfois hétérogène – de ces catégories.

 


Les trois catégories SFDR : rappel

La SFDR classe les fonds selon leur degré d’intégration ESG :

Article 6 : Fonds sans objectif spécifique de durabilité
Article 8 : Fonds promouvant des caractéristiques environnementales ou sociales
Article 9 : Fonds dont l’objectif est explicitement durable ou à impact

Chez Citizen Capital, 5 de nos fonds sont classés Article 9, la catégorie la plus exigeante.

 


Le problème : l’impact noyé dans un cadre trop large

Pour les fonds véritablement à impact, l’essor des Articles 8 et 9 a créé une dilution de leur spécificité. Clara Deniau pointe du doigt une hétérogénéité problématique :

« Les familles Article 9, celles dans laquelle rentrent les fonds à impact, se sont vues mélangées avec d’autres stratégies d’investissement qui sont de nature très différentes. »

Le résultat ? Des fonds de transition carbone, des fonds best-in-class ESG et des fonds à impact se retrouvent dans le même panier, soumis aux mêmes indicateurs – alors que leurs missions sont fondamentalement différentes.

Des indicateurs inadaptés

Les indicateurs demandés par la SFDR – empreinte carbone, mixité, exposition aux secteurs sensibles – ne sont pas toujours pertinents pour les acteurs à impact, dont la mission renvoie à des problématiques sociales et environnementales spécifiques.

Les limites de la Taxonomie européenne

Clara Deniau souligne également les lacunes de la Taxonomie verte européenne :

« L’agriculture est très mal couverte par la taxonomie européenne, portée sur les enjeux environnementaux. Il n’y a pas non plus de taxonomie sociale. »

Cette focalisation sur les activités environnementales écarte des secteurs entiers : agriculture régénératrice, santé préventive, inclusion sociale. Des stratégies à impact pourtant ambitieuses ne peuvent être reconnues à la hauteur de leurs contributions.

Chez Citizen Capital, cela nous concerne directement : notre fonds Agri Impact (30 M€) finance la diversification d’activités agricoles et la transition agroécologique, des enjeux mal couverts par la Taxonomie actuelle.

 


Un plaidoyer collectif pour la clarification

Face à ce constat, les acteurs de l’impact se mobilisent. Citizen Capital s’est joint à une soixantaine de fonds européens et à Impact Europe pour plaider en faveur d’une catégorisation inspirée du modèle britannique Sustainability Disclosure Requirements (SDR).

Le modèle britannique : trois catégories claires

Entrée en vigueur au Royaume-Uni en 2024, l’approche SDR distingue :

  1. Sustainability-improvers (fonds de transition)
  2. Sustainability-focus (fonds ESG)
  3. Impact (fonds à impact)

Une segmentation que la Commission européenne étudie actuellement dans sa consultation sur la révision de la SFDR, dont les nouvelles orientations sont attendues courant 2025.

 


La position de Clara Deniau : une opportunité à saisir

Pour Clara Deniau, cette révision doit être vue comme une opportunité, pas une contrainte :

« Ce n’est pas un sujet d’alourdir le fardeau de reporting, c’est de mieux l’adapter aux stratégies d’investissement. »

L’urgence : créer une catégorie « solutions impact »

Clara Deniau insiste sur un point crucial : la nécessité d’une catégorie « solutions impact » dédiée, aujourd’hui absente des projets de révision.

« Il faut avoir une catégorie dédiée aux solutions impact. Nous donnons de la voix sur le sujet parce qu’il a une importance capitale. »

Sans cette catégorie spécifique, le risque est grand de maintenir la confusion actuelle entre l’investissement à impact mesurable et les démarches ESG plus générales.

 


Un tournant décisif pour la finance durable

Le débat sur la révision de la SFDR intervient à un moment clé : la finance durable est confrontée à une double pression.

Elle doit à la fois :

✓ Crédibiliser les engagements ESG face au greenwashing
✓ Canaliser davantage de capitaux vers des solutions réelles aux défis sociaux et climatiques

En clarifiant les catégories, l’Europe pourrait poser les bases d’un écosystème financier plus transparent, cohérent et mieux aligné avec les objectifs de durabilité du Pacte vert européen.

La vision d’Impact Europe

Dans un document publié en janvier 2024, Impact Europe, l’association qui représente au niveau européen les fonds et investisseurs à impact, déclarait que cette refonte constitue :

« Une chance unique de réconcilier la finance durable avec sa finalité : générer un impact positif mesurable, au-delà de la simple réduction des risques ESG. »

 


Ce que change concrètement la révision pour les investisseurs

Plus de clarté, moins de greenwashing

Une nouvelle catégorisation permettrait aux investisseurs de :

✓ Mieux identifier les fonds qui correspondent réellement à leurs convictions d’impact
✓ Comparer plus facilement les stratégies sans confusion entre ESG et impact
✓ Réduire drastiquement le risque de greenwashing grâce à des critères plus stricts
✓ Comprendre la contribution réelle de leur épargne à la transition sociale et environnementale

Pour les gestionnaires : un cadre plus adapté

L’allègement des obligations administratives et la clarification des catégories permettraient :

  • De consacrer plus de ressources à l’accompagnement des entreprises du portefeuille
  • De produire des rapports plus ciblés et pertinents
  • De faciliter la compréhension pour les investisseurs particuliers

 


Perspectives : 2025-2026, années charnières

Une validation de l’approche pionnière

La mise en œuvre effective de la SFDR révisée, prévue courant 2025-2026, marquera une nouvelle étape pour la finance durable en Europe.

Pour les fonds comme Citizen Capital, déjà positionnés sur les standards les plus exigeants depuis 2008, cette évolution valide et renforce notre approche pionnière.

L’impact, de niche à norme

Ce que nous avons construit pendant 17 ans – l’intégration systématique de l’impact au cœur de la stratégie d’investissement – devient progressivement la référence du marché.

Clara Deniau le résume bien : cette révision est « une chance unique » de faire de l’investissement à impact ce qu’il doit être : non pas une niche, mais un standard de qualité pour la finance de demain.

 


À propos de Clara Deniau

Chief Impact Officer chez Citizen Capital

Clara Deniau pilote la stratégie impact de Citizen Capital depuis plusieurs années. Diplômée de l’Université Paris Dauphine (Master Affaires Internationales et Développement Durable) et formée B Leader, elle a rejoint Citizen Capital après avoir été consultante ESG et Impact.

Le rôle de Clara Deniau dans l’écosystème européen

Coordinatrice du projet #UnitedforImpact

Au-delà de son rôle chez Citizen Capital, Clara Deniau joue un rôle moteur au niveau européen. Elle coordonne le projet de bibliothèque d’indicateurs d’impact au sein de #UnitedforImpact, une initiative qui rassemble 60+ investisseurs à impact dans 18 pays européens.

Objectifs du projet :

  • Permettre aux fonds à impact de s’inspirer mutuellement
  • Harmoniser les approches de mesure
  • Offrir aux investisseurs et régulateurs une meilleure compréhension des pratiques

Une expertise reconnue

Clara Deniau intervient régulièrement pour partager notre expertise :

✓ Enseignement dans le Master 224 (finance à impact)
✓ Interventions dans les conférences sectorielles
✓ Membre du Comité de Pilotage de #UnitedforImpact

 


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