Article rédigé par Clara Deniau et Alexis Leydet
Cet article explore comment le cadre de la « Société à Mission » devient un levier stratégique de performance et de gouvernance pour les entreprises; en abordant les thématiques suivantes :
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Fixer un cap stratégique durable : Utiliser la mission comme boussole de long terme.
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Fédérer les parties prenantes : Engager collaborateurs et partenaires via une gouvernance inclusive.
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Renforcer la confiance et la différenciation : Transformer l’engagement en avantage concurrentiel.
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Stimuler l’innovation complexe : Utiliser la mission pour arbitrer et explorer de nouveaux modèles.
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Points de vigilance : Ressources nécessaires et défis de mise en œuvre.
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Cas pratique : Le témoignage de Karos sur l’alignement stratégique.
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À mesure qu’une entreprise se développe, les arbitrages se multiplient et les tensions apparaissent : priorisation des ressources, alignement des équipes, cohérence entre discours et actions.
Dans ce contexte, la mission peut devenir un puissant levier stratégique, à condition d’être incarnée et structurée. Le cadre de la société à mission, introduit en France en 2019, offre justement un outil pour transformer l’intention en boussole de long terme. Voici quatre bonnes raisons d’y aller, ainsi que les points de vigilance à ne pas sous-estimer.
Depuis plus de 15 ans maintenant, Citizen Capital accompagne des entrepreneurs qui cherchent à concilier impact et performance.
Une conviction guide notre approche : lorsque l’entreprise accélère, l’impact ne suit pas toujours mécaniquement. Sans cap clair, la croissance peut diluer la mission plutôt que la renforcer.
C’est précisément pour répondre à cet enjeu que le cadre de la société à mission a été créé : non comme un label, mais comme un outil stratégique de pilotage dans le temps long.
1. Se fixer un cap clair dans la durée
En phase de croissance, les tensions sont inévitables :
- arbitrages stratégiques,
- priorisation des ressources,
- alignement des équipes…
La société à mission permet de formaliser une raison d’être, qui devient une véritable boussole stratégique.
Elle aide les dirigeants et les instances de gouvernance à trancher entre différentes options non pas uniquement sur des critères économiques de court terme, mais à l’aune d’une trajectoire cohérente avec la mission. Dans un environnement incertain, ce cap partagé constitue un facteur clé de robustesse.
2. Embarquer durablement ses parties prenantes
La société à mission ne se limite pas à un exercice statutaire. Elle ouvre la porte à une gouvernance plus inclusive, en donnant la parole à des profils externes tels que des experts, bénéficiaires, partenaires et en impliquant davantage les collaborateurs dans la raison d’être de l’entreprise.
Lorsqu’elle est bien mise en œuvre, la mission devient un levier d’engagement collectif :
- elle renforce la cohérence entre discours et actions,
- elle aligne les équipes autour d’un projet commun,
- elle nourrit la cohésion interne, en particulier dans les phases de transformation ou de forte croissance.
3. Renforcer la confiance et la différenciation sur son marché
Dans un contexte de défiance accrue vis-à-vis des engagements déclaratifs, le cadre de la société à mission apporte un signal fort et structurant.
Il permet de répondre aux attentes croissantes des clients, des fournisseurs, des talents et des investisseurs, tout en se distinguant durablement sur son marché.
En rendant la mission opposable et suivie dans le temps, l’entreprise transforme celle-ci en avantage concurrentiel : un facteur de confiance, d’attractivité et de création de valeur partagée sur le long terme, bien au-delà d’un simple positionnement marketing.
4. Innover autrement dans un environnement complexe
Contrairement à une idée reçue, la société à mission ne fige pas la stratégie. Elle permet au contraire de trancher plus clairement entre différentes options stratégiques, en renonçant à certaines opportunités peu cohérentes avec la mission pour en explorer d’autres, plus alignées.
Ce cadre favorise l’émergence de nouveaux territoires d’innovation, en incitant l’entreprise à repenser ses produits, ses services ou ses modèles opérationnels à l’image de son impact. La mission devient alors un moteur d’innovation, particulièrement précieux dans des environnements complexes et incertains.
Les points d’attention à ne pas négliger
Cependant, devenir société à mission n’est pas un exercice neutre. Cette démarche implique :
- d’allouer des ressources dédiées (animation de la mission, comité de mission, publication du rapport, audit),
- de faire vivre la mission dans la durée, au-delà de l’inscription statutaire,
- d’assumer un cadre encore spécifiquement français, dont la reconnaissance internationale reste partielle.
Autrement dit, la société à mission n’est ni un raccourci ni une fin en soi. Elle exige constance, exigence et cohérence.
Le témoignage de Karos : quand la mission structure la croissance
Le parcours de Karos illustre concrètement la valeur de ce cadre.
Comme le souligne Olivier Binet, co-fondateur et CEO :
« Cette démarche a permis d’aligner gouvernance, équipes et cap stratégique avec l’appui précieux de notre comité de mission. Depuis, la mission constitue un levier puissant de cohésion interne, particulièrement précieux dans le cadre de notre développement à l’international. »
Ici, la société à mission joue pleinement son rôle : elle structure la gouvernance, renforce l’engagement des équipes et sécurise la trajectoire de développement.
En conclusion
Devenir société à mission, ce n’est pas afficher une ambition supplémentaire.
C’est accepter de se doter d’un cadre exigeant, capable de transformer la mission en outil stratégique, au service de la performance, de la crédibilité et de l’impact dans la durée.
Lorsqu’elle est sincèrement portée et correctement gouvernée, la société à mission devient un levier puissant de création de valeur long terme.